La petite fabrique d’itinéraires touristiques : éductour Ardennes-Meuse

Le programme du 15 octobre proposait aux acteurs du tourisme local une journée découverte sur les territoires du syndicat mixte Synergie (qui regroupe les Portes du Luxembourg, le Pays de Montmedy et le Pays de Stenay et du Val dunois).

Étape 1 : l’église Notre-Dame de l’Assomption à Mont-devant-Sassey

Le site tout d’abord est remarquable. Lors des repérages de l’itinéraire pour la rand’eau Meuse dans le secteur à la fin du printemps dernier, j’avais gravi la colline et découvert non seulement un magnifique point de vue sur la vallée de la Meuse, mais aussi un de ces lieux dont on sent qu’ils sont bien plus que ce qu’ils paraissent. L’église n’était pas ouverte ce jour-là, et l’occasion ne s’était pas présentée de revenir spécialement la visiter.

En ce qui concerne l’histoire de l’église (classée monument historique depuis 1875), je ne vais pas même essayer de vous la raconter. Car une visite réussie, c’est d’abord la surprise de la découverte. Il faut y arriver avec un œil neuf, une oreille attentive, et se laisser emporter par la passion du guide qui vous accueille. À Mont-devant-Sassey, Nanou est la grande prêtresse : elle vous dira tout. Absolument tout. Il n’y a pas une pierre, une sculpture, ni même une trace dont elle ne puisse vous donner l’explication !

Mon coup de cœur, c’est le portail. Pas tant ses représentations des personnages bibliques que les petits détails : les ornements végétaux, la chouette, le déluge… Il y a dans le traitement non pas de la maladresse, mais une spontanéité, une fraîcheur qui sont en lien avec l’endroit lui-même, à flanc de colline, dominant la Meuse.

À découvrir absolument.

Pour en savoir plus : ici.

Avant de poursuivre, une collation avec les « Délicieuses », les madeleines de Stenay (qui méritent leur nom) est offerte.

Étape 2 : le musée européen de la bière à Stenay

Le musée est installé dans l’un des bâtiments les plus anciens de Stenay : un « magasin aux blés » de la citadelle militaire édifiée au début du XVIIe siècle.
Après la Révolution, le bâtiment est abandonné, puis devient une malterie à la fin du XIXe siècle. Il est alors transformé : ajout d’un étage, de tours… De nouveau abandonné, il est racheté en 1984 par la municipalité de Stenay et devient le Musée de la Bière.

Le parcours permet de découvrir les matières nécessaires à la fabrication de la bière (l’eau, l’orge devenu malt, les autres céréales, les épices, le houblon), puis l’évolution des techniques de brassage des origines à nos jours. Une salle est consacrée à la commercialisation : on y découvre une magnifique collection de publicités et d’affiches. Grâce à des reconstitutions d’estaminets, de cafés Belle Époque ou de tripots des années 1960, on remonte le temps…

Le moment est alors venu de gagner la taverne où le déjeuner attend les visiteurs, avec dégustation de trois bières locales.

Pour en savoir plus : ici.

Étape 3 : l’ouvrage de la Ferté à Villy-la-Ferté

Après la Première Guerre mondiale, le gouvernement français modifie sa stratégie défensive, et met en place une ligne de fortifications le long des frontières. Les premiers ouvrages de la ligne Maginot sont construits début 1928.

L’ouvrage de La Ferté est construit entre septembre 1935 et décembre 1937. Les restrictions budgétaires n’ont pas permis son achèvement à la veille du second conflit mondial, ce qui sera fatal aux 107 hommes qui y ont perdu la vie au matin du 19 mai 1940.

Jusqu’en 1971, l’ouvrage de La Ferté demeure propriété de l’État. Il est cédé à cette date pour un franc symbolique aux communes riveraines de La Ferté-sur-Chiers et Villy. Depuis 1973, une association dénommée « Comité du Souvenir des défenseurs de Villy-La Ferté » assure l’ouverture au public avec l’organisation de visites guidées régulières et l’entretien du site.

La descente dans les entrailles du fort est saisissante. Je l’ai visité plusieurs fois, mais l’impression est toujours la même : les lourdes portes d’acier, la carapace de béton qui n’ont pas suffit à protéger l’équipage semblent au final bien dérisoires face au pilonnage allemand.

Pour en savoir plus : ici et .

Étape 4 : la basilique Notre-Dame d’Avioth

C’est à Avioth que s’est terminé ce périple : les chaudes lumières de fin de journée illuminant les sculptures et les reliefs de la « cathédrale des champs ».

L’édification a sans doute commencé par le chœur, dans un style rayonnant typique de la fin du XIIIsiècle, et s’est poursuivie sur plusieurs siècles : on retrouve ainsi des influences lorraine, champenoise, touloise. La façade occidentale reprend l’élévation de l’abbatiale de Mouzon, toute proche. La chapelle flamboyante ajoutée à fin du XVe siècle a été modifiée et décorée à nouveau à la Renaissance. L’ensemble statuaire a heureusement peu souffert de la Révolution, et les restaurations du XIXe siècle par Émile Boeswillwald n’ont pas eu l’ampleur de Mouzon…

Quant à la « Recevresse » qui remplace un premier oratoire plus modeste, c’est un monument unique au monde, chef-d’œuvre du gothique flamboyant.

Pour en savoir plus : ici.

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