Un département singulièrement pluriel

Lorsqu’en 1790 l’Assemblée constituante créa les départements, les Ardennes furent formées à partir des anciennes provinces de Champagne, de Picardie, du Hainaut et de Lorraine.

La Meuse et l’Aisne, qui traversent ce territoire composite, avaient déjà chacune donné leur nom à un département. On aurait pu choisir Aisne-et-Meuse, comme il y a eu Sambre-et-Meuse et Meuse-Inférieure (territoires aujourd’hui en Belgique), ou comme il existe Loir-et-Cher, Tarn-et-Garonne… Ou encore département des Forêts (qui a également existé), tant « l’Ardenne est toute en sa forêt », comme le dit Jean Rogissart. Mais cela aurait été banal ou très réducteur. Finalement, ce singulier pluriel lui va bien.

L’origine du nom

Jules César est le premier auteur qui mentionne le « pays d’Ardenne » dans ses commentaires de Bello Gallico : le vaste massif forestier qu’il désigne par l’expression « Arduenna silva », la forêt d’Ardenne, est selon lui « la plus grande de toute la Gaule, et qui, s’étendant depuis les rives du Rhin et le pays des Trévires jusqu’à celui des Nerviens embrasse dans sa longueur un espace de plus de cinq cents milles » (environ 700 km).

La signification du nom est encore contestée :  le celtique arduo signifierait « hauteur » pour certains (ainsi Arduenna silva se traduirait par « hauteurs boisées »), mais pour d’autres, plus modernes, Ar’Den signifierait « la sombre » et qualifierait la forêt.

Quant à Arduinna, une divinité celte, c’est une déesse-ourse (le radical ard ou art désigne l’ours en gaulois). Elle a parfois été confondue avec la Diane romaine. Ainsi la statue de bronze d’une divinité chavauchant un sanglier (conservée au musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye) est une Diane chasseresse, certes, mais elle n’aurait rien à voir avec les Ardennes. Dommage…

Un territoire composite

Le département, qui fait aujourd’hui partie de la région Grand Est, se compose de territoires au caractère bien distinct par les paysages, l’histoire et les activités agricoles et industrielles.

Portes du Luxembourg

Entre la forêt de l’Ardenne au nord et celle de l’Argonne au sud, entre les crêtes préardennaises à l’ouest et la Gaume belge à l’est, la Meuse, la Chiers, l’Ennemanne et la Bar, façonnent les Portes du Luxembourg. Mouzon, Douzy, Carignan, Raucourt… ont une origine millénaire et ont marqué l’histoire.

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Argonne ardennaise

Aux confins de l’Ardenne, de la Lorraine et de la Champagne, l’Argonne, Ar goat, est l’autre « pays des bois » des Ardennes. C’est aussi, non loin de Verdun, un des terribles champs de bataille de la Première Guerre mondiale. Les cicatrices du conflit sont toujours présentes dans le paysage.

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Charleville-Mézières et sa région

Charleville et Mézières, si proches, si différentes. Mézières, la place forte, et le chevalier Bayard. Charleville, la cité idéale du XVIIe siècle, et son enfant terrible, Arthur Rimbaud. Longtemps rivales, elles ont été réunies en 1966. Lovée dans les méandres de la Meuse, Charleville-Mézières se crée une nouvelle identité dont le Festival mondial des marionnettes devient l’étendard.

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Vallées de la Meuse et de la Semoy

La profonde vallée de schiste entaillée par la Meuse et la Semoy est avant tout celle des légendes. Les quatre Fils Aymon, les Dames de Meuse… célèbrent la forêt qui devient fantastique. La région est aussi celle du bois et de la métallurgie (scierie, aciérie, chaudronnerie…) qui résonnent encore dans la vallée (prononcer « vallèye »). Quant à l’ardoise, on ne l’exploite plus aujourd’hui, mais partout les affleurements découpent le massif forestier en de vertigineuses murailles.

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Pays sedanais

Si Sedan a laissé son nom dans l’histoire des trois conflits (1870, Première et Seconde Guerres mondiales), la ville a brillé du XVe au XIXe siècle. Principauté protestante, dans une France ravagée par les guerres de Religion, elle est devenue une « Genève du Nord », un îlot de tolérance, et surtout une ville textile dont les draps étaient réputés au-delà des frontières… Son château, la plus vaste forteresse d’Europe est aujourd’hui le somptueux décor d’un festival médiéval le troisième week-end de mai.

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Thiérache, sarts et rièzes

La Thiérache ardennaise s’étend entre le Porcien au sud, le Val de Thin à l’est, la vallée de la Sormonne et le plateau de Rocroi au nord. A l’ouest, la Thiérache s’étend plus largement dans le département de l’Aisne.

Ici, places, maison, fermes et églises fortifiées témoignent encore d’un passé tumultueux. Autour de Rocroi, cette « étoile de mer pétrifiée », pour reprendre l’expression de Julien Gracq, le bocage n’a pas disparu, et dans les rièzes pousse une flore unique.

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Pays rethélois

Le pays rethélois, aujourd’hui principalement tourné vers l’agriculture intensive, forme une transition entre la Champagne et les crêtes préardennaises. La grande forêt y a disparu depuis longtemps pour ne laisser place qu’à quelques bois, qui ponctuent à peine le léger relief. Traversé par l’Aisne, la région a vu passer toutes les invasions : d’Attila à la Seconde Guerre mondiale. Rethel, entre autre, fut une « ville martyre », détruite à plus de 80 % en 1914 et en 1940. Verlaine qui y a enseigné la reconnaîtrait difficilement.

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Crêtes préardennaises

Entre les plaines champenoises au sud et le massif de l’Ardenne boisée au nord, la Thiérache à l’ouest et l’Argonne à l’est, les crêtes préardennaises forment une douce barrière de vallons très différents les uns des autres.

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Une terre de confluence et de partage

Géologique

Le département des Ardennes est à la croisée de quatre régions naturelles :

• l’Ardenne primaire du nord (et se prolonge en Belgique et jusqu’au massif de l’Eifel en Allemagne)
• la Lorraine jurassique à l’est
• la Champagne crétacée au Sud (qui se rattache aux terrains secondaires du Bassin parisien)
• la Picardie crétacée et limoneuse à l’ouest

Climatique

Une large partie du département fait la transition entre le climat océanique et le climat continental : le climat y est semi-continental. C’est un climat plutôt changeant à cause de ses températures qui varient sans cesse d’une saison à l’autre : les étés peuvent y être chauds et les hivers plutôt rudes. L’amplitude thermique entre l’été et l’hiver est important. Ainsi en hiver nous pouvons relever des températures de l’ordre de 0°C et en été des températures allant à plus de 30 °C.

Cependant, les précipitations et les températures varient en fonction de la topographie, ce qui créé une diversité de climats selon plusieurs petites régions naturelles et induit pour chacune d’elles une vocation agricole particulière.

Hydrographique

Les Ardennes sont traversées par une ligne de partage des eaux entre deux grands bassins, le Bassin rhénan auquel se rattache la Meuse, et le Bassin parisien auquel se rattache l’Aisne.
• La Meuse, longue de 950 km, prend sa source dans le plateau de Langres en Haute-Marne à 384 mètres d’altitude et traverse les Ardennes sur 176 km en passant par Mouzon, Sedan, Charleville-Mézières, Monthermé et Givet. Elle a pour principaux affluents la Chiers, la Bar, la Sormonne et la Semoy.
• L’Aisne, d’une longueur totale de 335 km, traverse le Sud du département sur 140 km. Elle traverse Vouziers, Attigny, Rethel, Château-Porcien, Asfeld. Elle compte l’Aire et la Retourne parmi ses affluents.

Historique

Tour à tour rempart et passage des invasions, l’ensemble de ces territoires est marqué par l’Histoire. Où qu’on aille, des routes millénaires, des fortifications rappellent que des frontières ont toujours été là : entre les Rèmes et les Trévires, entre France et Empire… Aujourd’hui, redécouvrir ces traces permet de construire une histoire paisible pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

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